Bienvenue à la villa gallo-romaine de Vicques!
Cet établissement a été habité près de trois siècles, entre 50 et 350 après J.-C. environ. Son emplacement a été défini par la proximité de la route qui menait à Augusta Raurica (Augst), en suivant la Birse, et par celle de la source des «<Emetteneux»>, sur la colline au sud de la villa, qui assurait l'approvisionnement en eau. Il est probable qu'une ferme gauloise, construite en bois, existait au préalable à cet endroit. Dès le milieu du 1er siècle après J.-C., sous l'influence romaine, les propriétaires l'ont alors transformée en villa maçonnée.
A vocation rurale, les villae de ce type jalonnaient le Plateau suisse à cette époque. De plus ou moins grandes dimensions, selon la richesse du propriétaire, ces exploitations étaient distantes les unes des autres de plusieurs kilomètres. Pour ce qui concerne le territoire actuel du canton du Jura, la vallée de Delémont, de même que l'Ajoie, ont de la même façon été parsemées de ce type d'exploitations agricoles, à l'exception du plateau de Bure, non irrigué. La villa la plus proche est certainement celle identifiée à Courroux.
La villa de Vicques fait partie des établissements les plus aisés. S'étendant sur une superficie connue dépassant les cinq hectares, de nombreux habitants et artisans y vivaient et y travaillaient. Elle était composée d'une partie résidentielle réservée au propriétaire et à sa famille (pars urbana), avec chauffage au sol par hypocauste, peintures murales, bains et jardins. Autour d'elle s'articulait une série de bâtiments beaucoup plus modestes composant l'exploitation agricole proprement dite ainsi que les habitations des ouvriers et des esclaves (pars rustica)*.
L'ensemble était entouré d'un mur d'enclos. Au nord, le portail d'entrée du domaine se dressait à 195 mètres en face de l'entrée du bâtiment principal, au bord de la voie romaine repérée sous la route actuelle, au-delà de l'ancienne église de Vicques.
La datation des 44 monnaies retrouvées fait pressentir l'abandon de la villa dans la deuxième moitié du 4° siècle après J.-C., suite aux incursions alamanes.
*Seule la pars urbana a été reconstituée sur la figure de gauche, de même que sur la maquette présentée ci-dessous. C'est également la seule partie de la villa dont les murs ont été redessinés au sol. La raison en est la suivante : c'est sur la demeure du maître, bien plus attractive aux yeux des archéologues de l'époque, que se sont concentrées les fouilles menées tout d'abord par Auguste Quiquerez, entre 1844 et 1846, puis par Alban Gerster et André Rais, entre 1935 et 1938. La pars urbana, y compris le bâtiment des bains, a de ce fait été abondamment documentée, ce qui n'est pas le cas de la pars rustica, dont l'essentiel des vestiges demeurent pour l'heure enfouis dans le sol.
Tout le périmètre de la villa gallo-romaine de Vicques, aussi bien la pars urbana que la pars rustica, a été placé en zone de protection archéologique, sa délimitation correspondant à peu près au tracé des murs d'enclos. Cela signifie qu'aucun travail de terrassement, de construction ou de prospection, quels qu'ils soient, ne peut y être effectué sans l'autorisation et la surveillance étroite de l'archéologie cantonale jurassienne. Ainsi la construction du pavillon d'information devant lequel vous vous trouvez a-t-elle été précédée, en 2009, de fouilles archéologiques à son emplacement.